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Aesthetic Movement

 

L’exposition Beauté, Morale et Volupté actuellement au Musée d’Orsay, explore l’Aesthetic Movement. De l’avant-garde dans les années 1860, jusqu’en 1900 au moment de la fin du règne de la Reine Victoria, l’Aesthetic Movement naquit en réaction aux idées victoriennes et au matérialisme de l’époque. Au même moment en France, Napoléon III est au pouvoir, le Baron Haussmann transforme Paris et Baudelaire a publié ses Fleurs du Mal trois ans auparavant en 1857. L’exposition retrace l’émergence du mouvement jusqu’au phénomène culturel qui irradia l’ensemble des arts décoratifs de l’époque.

« L’art pour l’art »

Les artistes se réunissent autour d’une valeur commune, le beau pour le beau, impulsant ainsi un renouveau artistique, autour notamment d’une des grandes figures du mouvement : Oscar Wilde.
Cette exposition nous projette dans un écrin délicat et riche de symboles : le paon, signe d’orgueil et de beauté, puis le lys et le tournesol, évocateurs de la beauté tour à tour féminine et vigoureuse. À ces trois symboles récurrents, ajoutons une profusion de styles. Tout d’abord, les inspirations asiatiques avec d’une part, un engouement pour le Japon qui après son ouverture commerciale en 1854 et sa participation officielle à l’Exposition Universelle de 1864, permit à l’ensemble de l’Europe de découvrir non seulement ses arts, avec les estampes mais aussi tout une manière de vivre son intérieur (paravents, cloisons coulissantes, laques, motif « fleurs de prunus », meubles). Il s’agit du style dit « japonisme », et qui aura une incidence considérable sur l’ensemble des arts de cette deuxième moitié du XIXe siècle (l’Impressionnisme, les Nabis, mais aussi l’École de grès Carriès par exemple) puis sur tout l’Art Nouveau.
D’autre part, ce fut la mode des porcelaines de Chine bleues particulièrement celle de Nankin. Elles furent l’objet de collections misent en avant dans les intérieurs aux tons bleu sourd et vert, souvent rehaussés d’or et de jaune. Par exemple, la « Peacock room » de James Mc Neill Whistler réalisée en 1876.

Ed.W. Godwin fut l’un des principaux promoteurs de ce nouveau style en matière de mobilier. Nommé style « anglo-japonais », il est reconnaissable par des structures géométriques simples pour générer un « équilibre du solide et du vide ». L’acajou laqué noir et parfois enrichi de papier-cuir gaufré. L’aboutissement de son œuvre est marqué par la fusion du japonisme et du style néo-grec.

Notons également l’incroyable bahut « Junon » de Bruce James Talbert édité en 1878, en ébène incrusté de buis, de myrte, de nacre et d’ivoire, avec des panneaux de verre à miroir biseauté et des décors de bronzes moulus et repoussés (rien que ça !).


C’est à cette époque que la firme Liberty voit le jour (ouverture du magasin de Regent Street en 1876) et commence à éditer des meubles et surtout des tissus. William Morris démarra sa production de papiers peints et textiles, également.


Je finirais par Christopher Dresser, à la fois revendeur d’importations japonaises et concepteur d’objets, dont une des théières présentées à l’exposition a été un choc pour moi ! Elle est d’une incroyable modernité pour l’époque (1879), presque de style « cubiste » !

Dans ses moindres détails, l’Aesthetic Movement est foisonnant, raffiné et sensible. Il a su redéfinir les relations entre les artistes et la société, entre l’art et l’industrie et posa les bases de l’Arts and Crafts qui s’épanouira par la suite.
L’exposition était très dense, et j’ai donc effectué une sélection en choisissant ce qui m’a plu et qui m’a fait forte impression !

Si vous passez par Londres, vous pouvez poursuivre la découverte de l’Aesthetic Movement en visitant :
• Le restaurant Criterion ouvre ses portes en 1873 dans un décor néobyzantin magnifique, resté en partie intact : www.criterionrestaurant.com
• Leighton House, la maison-musée du peintre et sculpteur Frederic Leighton : www.leightonhouse.co.uk
• Linley Sambourne House, maison du caricaturiste et photographe Edward Linley Sambourne : www.rbkc.gov.uk/museums
• Le café du Victoria & Albert Museum pour son café dans le pur style de l’Aesthetic Movement : www.vam.ac.uk
• Et bien sûr le magasin Liberty sur Regent Street qui a su garder un cachet incomparable ! www.liberty.co.uk

(Photos : Freer Gallery of Art, Victoria & Albert Museum, Liberty & Co, Morris & Co, tous droits réservés)

 

 

 

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2 Comments
  1. Colen #

    J’adoooooorrre !!!! C’est tout simplement magnifique !

    septembre 25, 2011
  2. Louise #

    Bravo pour ces belles photos et cette brillante synthèse !
    votre site est magnifique. j’en redemande!!!!

    septembre 26, 2011

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